Article d'ARRITTI du 11 Octobre 2007

Article d'ARRITTI du 11 Octobre 2007
Butée de pied à Brandu,port de Bastia...tout se tient On nous a bien berné!

Brandu, pittoresque commune du Cap, connue pour sa célèbre tour génoise... et sa
carrière de lauzes qui fait l'âme de son village et de tous les villages du Cap Corse...
Inquiets pour leur cadre de vie, les habitants disent non aujourd'hui à la modification du bail d'exploitation de la carrière qui en aggraverait considérablement les nuisances.
Le commissaire enquêteur a donné un avis favorable. Reste le Conseil municipal qui s'est déjà exprimé contre en 2006 et qui est à nouveau saisi par le maire jeudi prochain.


On se souvient du bras de fer engagé entre les habitants du village et le Conseil général de Haute-Corse au sujet des travaux de consolidation de la R.D. 81.
Une association, l'Arinella de Brandu, s'est créée pour lutter contre l'option d'une butée de pied aux dimensions dantesques et pour proposer une alternative plus écologique qui aurait pu préserver notamment la plage du village où se sont croisées tant de générations de Brandichi. Le bras de fer a été perdu.
L'énorme butée de pied a été construite et chacun peut constater désormais le désastre qu'elle a provoqué.
Ce malheur, pour i Brandichi, c'est un peu par la carrière qu'il est arrivé. C'est de là qu'ont été tirés les enrochements nécessaires à la construction de l'ouvrage. Une réalisation totalement illégale, on le sait maintenant.
En effet, la SARL Constructions du Cap, dont le gérant n'est autre que Jean-Jacques Vendasi, n'avait pas l'autorisation de produire des enrochements !
Et cette information est découverte au hasard du nouveau bras de fer qui s'engage aujourd'hui avec la société.

La carrière demande son extension

La SARL Constructions du Cap en effet a déposé une demande de renouvellement d'exploiter qui « s'avère être une demande de modification et non un renouvellement » selon la délibération du Conseil municipal de la commune. Celui-ci a déjà été saisi le 4 novembre 2006. Il lui était réclamé de modifier le type d'exploitation en « blocs et agrégats » au lieu de « dalles et lauzes », de modifier l'implantation du site d'extraction, et d'augmenter les volumes autorisés (une moyenne annuelle de 150.000 tonnes avec des pointes de 250.000 tonnes annuelles, au lieu d'une moyenne actuelle de 80.000 tonnes par an, avec des pointes de 150.000 tonnes). Outre l'augmentation des nuisances que cela entraînera inévitablement pour la population du village, c'est une remise en cause totale de la vocation de Brandu à produire historiquement de la lauze. C'est aussi un aveu manifeste : la SARL Constructions du Cap, lorsqu'elle a fourni les blocs d'enrochement nécessaires à bâtir la butée de pied, n'avait absolument pas le droit de le faire.
Et tout le monde a fermé les yeux :
Commune, Conseil Général, Préfet !
Sans parler de tous les services administratifs intermédiaires.



Le port de Bastia en toile de fond

Mieux, la demande de modification d'extraction est justifiée ainsi dans l'enquête publique « en raison d'une demande croissante du marché local (réfection de la R.D. 81 et nouveau port de Bastia notamment) ».
La butée de pied étant construite, c'est donc bien le projet de port de commerce à la Carbonite qui pousse cette demande, tout le puzzle mis en place depuis de longs mois, prend forme :
- L'obstination pour bâtir une butée de pied, seule possibilité d'imposer par la suite la construction d'un appontement qui permettrait le transport des blocs d'enrochement par voie maritime vers la Carbonite*.
- la possibilité d'extraire des blocs et agrégats, au détriment de la production de lauzes.
- le choix tranché depuis longtemps d'un nouveau port à la Carbonite ; le fameux « débat public » n'ayant été qu'un semblant de consultation démocratique pour endormir la vigilance citoyenne.
Le plan est en place.
On nous a bien berné !

L'opposition de la population

Près de 600 habitants soit plus d'un tiers de la population ont déjà signé la pétition que diffuse l'association l'Arinella de Brandu, présidée aujourd'hui par Bernard Biasotto.
Pour l'heure, celle-ci n'est distribuée qu'au sein même de la population de Brandu. Elle sera étendue dans les prochains jours aux villages voisins, tout autant concernés par les nuisances qu'engendrerait l'autorisation de nouveaux volumes d'extraction.
En effet, une moyenne de 150.000 tonnes, cela représente environ 100 camions par jour, avec des pointes de 250.000 tonnes autorisées, c'est alors 160 camions par jour que devront supporter les habitants.
« Bruits, poussières, danger permanent sur les routes et une dégradation irréversible de notre qualité de vie » dénonce l'Arinella de Brandu, « ce projet ne sert en aucun cas les intérêts de notre
commune et encore moins ceux de ses habitants. Il serait absolument amoral et totalement irresponsable, à quelques mois de la fin d'une mandature, d'engager l'avenir des Brandichi sur un sujet aussi important ». D'autant que le conseil municipal comme on l'a dit s'est déjà prononcé par la négative.
Pourquoi le consulter à nouveau ? Il est clair qu'une forte pression est à nouveau mise sur les élus de Brandu pour servir des intérêts privés.
Et c'est intolérable.
D'autant que l'étude de faisabilité de l'approvisionnement en matériaux du nouveau port de Bastia mentionne que « la carrière devrait avoir l'assurance de pouvoir augmenter fortement (4 fois plus, soit 600.000 tonnes par an) sa production annuelle au moins pendant la durée des travaux (4 ans
minimum) ». Les enjeux sont considérables.
Et la demande actuelle de modification d'extraction n'est donc qu'une simple étape : la population
doit se préparer à subir des nuisances de plus en plus insupportables.

Le danger « amiante »

Autre inquiétude, dans cette même étude de faisabilité, il est écrit : « les zones d'extraction peuvent servir ultérieurement de zones de remblais pour des matériaux inertes de classe 3 (tout
venant, amiante non volatile) qui trouvent difficilement preneurs ». È si capisce ! Autrement dit, Brandu pourrait très bien être le prochain site de stockage de déblais d'amiante. « Nous
n'avons pu en calculer ni les cadences, ni la durée et nous en sommes désolés, mais le bruit, la poussière, le perpétuel risque d'accident pour nos enfants seront notre lot quotidien »
s'inquiète encore l'Arinella de Brandu.
En dehors de ces nuisances, la question de présence d'amiante sur le site même d'exploitation reste posée.
Dans son rapport du 6 février 2006, la Drire « demande à l'exploitant de faire confirmer par un géologue l'absence d'amiante sur l'ensemble du site d'exploitation ». Dans son rapport de 2007, la Drire constate que l'étude a bien été réalisée mais sans en délivrer les résultats : « les résultats de cette étude devront être communiquées à vos services ainsi qu'aux services de la Ddass avant toute exploitation de la nouvelle zone sollicitée ». On n'en sait pas plus.
En 2004 encore, la Drire relève 53 infractions au cahier des charges d'exploitation de la carrière, qu'elle relève également dans les rapports suivants, ce qui lui fait dire dans son dernier rapport du 2 février 2007 : « de nombreuses observations formulées par l'inspection sont restées sans réponse de la part de l'exploitant depuis 2006, voire 2005. » Et même si elle réclame un arrêté préfectoral « de mise en demeure » pour qu'il lui soit répondu « dans un délai de deux mois », aucune suite n'y a semble-t-il été donnée neuf mois plus tard.
L'Arinella de Brandu accuse à juste raison : « Si la société exploitante n'a aucun état d'âme pour ne pas respecter le cahier des charges depuis 2003, il n'y a absolument aucune raison pour qu'elle le respecte avec le nouveau bail » quelles qu'en soient les mesures plus ou moins contraignantes... Et pourquoi le ferait-elle ? Elle est largement encouragée par le laxisme des pouvoirs publics à faire
La SARL Constructions du Cap, lorsqu'elle a fourni les blocs d'enrochement nécessaires à bâtir la butée de pied, n'avait absolument pas le droit de le faire. Et tout le monde a fermé les yeux : Commune, Conseil Général, Préfet !
appliquer les textes ! Et c'est bien ce laxisme, voire une certaine complaisance, qui lui a permis d'extraire les blocs nécessaires à la butée de pied, en infraction totale avec le bail d'exploitation.

La commune de Brandu veut conserver son âme

La balle est aujourd'hui entre les mains du conseil municipal de Brandu qui devrait délibérer le 11 octobre prochain.
Accordera-t-il ou non la modification du bail d'exploitation ?
La population, largement opposée à ce projet, malgré la menace que fait peser l'entreprise sur ses 15 emplois, est bien déterminée à lutter.
Elle a perdu sa plage, elle a gâché son paysage pittoresque avec l'impiastrata de la butée de
pied, elle compte bien conserver sa tranquillité et sa sécurité, en même temps que sa renommée bâtie autour de la lauze de Brandu. « Nous savons que le projet du nouveau port de Bastia aiguise des appétits des uns et perturbent le jugement des autres » nous dit encore l'association, nous
misons sur la sensibilité de nos élus pour l'écologie, l'environnement et la qualité de vie de notre belle terre de Brandu, nous ne comprendrons pas un revirement soudain de leur vote et la population non plus ».
Le projet de port à la Carbonite vient menacer jusque la quiétude du petit village de Brandu...
On n'a pas fini d'en parler ! ●
F.G.
* Extrait de l'étude de faisabilité du port de Bastia : «Une grande partie des matériaux rocheux pouvant avantageusement être mis en place par voie maritime, un approvisionnement par chaland ou barge depuis un appontement (à construire) extérieur à la ville semble intéressant voire impératif ».

# Posté le vendredi 12 octobre 2007 15:58

Modifié le vendredi 12 octobre 2007 16:42

SIGNEZ LA PETITION.....

BRANDO ATTENTION DANGER
C'est lors du prochain Conseil Municipal que tout va se jouer.
Le prochain conseil municipal décidera sans doute du sort
de la qualité de vie de notre commune
En novembre 2006, nos élus à l'unanimité ont voté NON à la demande d'augmentation d'extraction ( 250 000 tonnes par an), et à la modification du type d'extraction ( Roches et Agrégats au lieu de Lauzes et Dalles) faites par la Sarl « les Constructions du Cap » exploitante de la Carrière de Brando dans le cadre de l'enquête publique.
En septembre 2007 le maire de Brando va demander un nouveau vote, pour modifier le bail liant la Sarl à la commune et cette modification portera sur les mêmes motifs rejetés en 2006

POURQUOI ?

Une Carrière Industrielle à Brando n'apportera rien à notre commune si ce n'est bruit, poussières, danger permanent sur nos routes
et une dégradation irréversible de notre qualité de vie.
( 250 000 T / an c'est 100 camions jours minimum dans nos villages)

Dans un premier temps, l'enjeu est là : que nos élus nous entendent et se prononcent définitivement contre le Projet Industriel de la Sarl « Construction du Cap »

CE PROJET NE SERT EN AUCUN CAS LES INTERETS DE NOTRE COMMUNE ET ENCORE MOINS CEUX DE SES HABITANTS, BIEN AU CONTRAIRE.

Il serait absolument amoral et totalement irresponsable, à quelques mois de la fin d'une mandature, d'engager ainsi l'avenir des brandinchi sur un sujet aussi important.

Pour les inciter davantage et les encourager à voter selon le souhait de la population, il est impératif de nous faire entendre en signant la pétition ci jointe et que nous assistions tous
à la prochaine séance du Conseil Municipal qui aura lieu à la Mairie

Venez nombreux mais silencieux, notre présence parlera pour nous.
Nous devons peser de tout notre poids démocratique afin que nos élus prennent la bonne décision, et se prononcent contre le projet Industriel de la Carrière de Brando

APRES IL SERA TROP TARD.......

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 14:47

Modifié le lundi 24 septembre 2007 04:07

LETTRE AUX ELUS DE BRANDO




Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux,

Le maire de notre commune va peut être vous demander de voter à nouveau pour confirmer la délibération prise le 4 novembre 2006, laquelle «donnait un avis défavorable à la demande de la Sarl Construction du Cap » concernant l'extension du volume d'extraction passant de 150 000t par an à 250 000t et la modification des types d'exploitation à savoir « blocs et agrégats » au lieu de « dalles et lauzes »
Nous pensions que votre vote avait été assez clair et net à l'époque puisque vous aviez voté contre et à l'unanimité des présents.

Nous serions étonnés de voir M. le Maire solliciter un autre vote de votre part puisque la modification du bail réclamée par la SARL Constructions du Cap porte sur les mêmes modifications que ceux demandés lors de l'enquête publique.

Nous voudrions attirer votre attention sur quelques points essentiels pour aider à une meilleure prise de décision, si décision il y a ....

Dans la demande d'autorisation de la SARL Construction du Cap, qui a induit l'enquête publique il est fait état de la demande d'augmentation de volume d'extraction en vue des chantiers à venir soit le confortement de la RD 80 ( celui ci elle l'a déjà eu, et nous pouvons admirer la beauté de cet ouvrage tous les jours ) et le Projet du Nouveau Port de Bastia(NPD).
Nous avons déjà par voie de presse sensibilisé la population sur les revers d'une suractivité de la carrière de Brando sur la qualité de notre vie.

Il est vrai que le site de Brando est fortement mis en avant dans l'Etude de Faisabilité de l'Approvisionnement en Matériaux du Nouveau Port de Bastia et qu'il est mentionné que la carrière devrait avoir l'assurance de pouvoir augmenter fortement ( 4 fois plus soit 600 000t/an) sa production annuelle au moins pendant la durée des travaux ( 4 ans minimum), aussi la demande d'autorisation d'augmentation n'est donc qu'une étape dans la logique du demandeur et la confirmation de votre refus n'en est que plus essentielle.

Pour mémoire, actuellement la cadence de passage de camions chargés d'agrégats dans le c½ur de notre commune, c'est à dire Erbalunga est d'env. 45 camions jours, elle serait de env. 90 camions jours pour une exploitation de 250 000 tonnes/an et cela pendant 18 ans et de 9OO camions jours pendant 4 ans si la carrière est choisie pour la construction du NPB.
N'oublions pas le chapitre de l'impact sur les paysages de cette même étude « les zones d'extraction peuvent servir ultérieurement de zones de remblais pour des matériaux inertes de classe 3 ( tout venant, amiante non volatile) qui trouvent difficilement preneurs »

Nous n'avons pu calculer ni les cadences ni la durée et nous en sommes désolés, mais le bruit, la poussière, le perpétuel risque d'accident pour nos enfants seront notre lot quotidien.




En dehors du problème des nuisances, dans le rapport de la DRIRE datant de 2004 ( les derniers fournis par le préfet) les services compétents relèvent 53 infractions au cahier des charges d'exploitation de la carrière ( arrêté préfectoral n° 99-1511 et les dispositions du RGIE).
Pour mémoire, l'arrêté 99-1511 est le document joint au bail de 2003 et celui ci devrait être appliqué rigoureusement par le locataire du site.


Un simple exemple dans l'Article 18 de ce rapport de la DRIRE : « les voies de circulation sont entretenues mais ne sont pas arrosées »
Il suffit de regarder les pistes actuellement pour se rendre compte que même 3 ans après cette notification, les voies de circulations ne sont toujours pas arrosées.

Si la société exploitante n'a aucun état d'âme pour ne pas respecter le cahier des charges depuis 2003, il n'y a absolument aucune raison pour qu'elle le respecte avec le nouveau bail (qui présentera des dispositions réglementaires encore plus contraignantes). De plus, elle y est d'ailleurs largement encouragée par les pouvoirs publics qui sont sensés faire respecter les textes et imposer des sanctions mais qui sont, au contraire, d'une efficacité qu'il est difficile de qualifier de redoutable.

On peut aussi se demander comment cette société a pu répondre favorablement à un marché public en fournissant les blocs de la butée de pied en infraction totale avec le type d'exploitation autorisé par la commune dans le bail, à savoir « dalles et lauzes ».
Tout le monde a fermé les yeux sur cette infraction manifeste !
D'ailleurs, ce détail n'a pas échappé à la société qui demande aujourd'hui la modification du type d'exploitation en « blocs et agrégats », ce qui revient à dire qu'elle était parfaitement consciente de l'infraction commise.

Nous savons que le Projet du Nouveau Port de Bastia aiguisent les appétits des uns et perturbent le jugement des autres, mais connaissant votre sensibilité pour l'Ecologie, l'Environnement, et la Qualité de la Vie sur notre belle terre de Brando, nous ne comprendrons pas un revirement aussi soudain de votre vote et la population non plus...





[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 14:42